Ne plus acheter de gaz russe et ne plus financer et coopérer avec des entreprises énergétiques russes n’est pas une option mais un impératif moral.
Desmond Tutu disait à raison que faire le choix de la neutralité face à des situations d'injustice équivaut à choisir le côté de l'oppresseur. Nos banques et entreprises iraient bien au-delà en maintenant leurs soutiens aux entreprises qui contribuent à alimenter directement la guerre menée en Ukraine par Vladimir Poutine.
Nous appelons donc sans réserve les acteurs financiers à cesser tout soutien aux entreprises énergétiques russes. Est concerné en premier lieu le Groupe Crédit Agricole, un des principaux financeurs mais aussi investisseurs de Gazprom à travers sa filiale Amundi.
Tous doivent aussi suspendre tout soutien à TotalEnergies qui refuse de cesser ses opérations en Russie comme l’ont fait Shell, BP et même ExxonMobil. De nouveau, les yeux sont tournés vers Crédit Agricole et Amundi en tant que premier banquier et second actionnaire de la major française.
Mais ne nous y trompons pas. Nous ne pouvons pas construire notre résilience en remplaçant notre dépendance au gaz russe par une autre dépendance, par exemple au LNG américain. Au contraire, il y a urgence à sortir de l’impasse des énergies fossiles, comme l’a rappelé le secrétaire général des Nations Unies en réaction à la publication du second volet du 6ème rapport du GIEC.
La guerre menée par Vladimir Poutine est un violent rappel des liens qui existent entre l’action climatique et la protection de la justice et de la paix. Comme l'a dit la climatologue ukrainienne et co-autrice du rapport du GIEC, Svitlana Krakovska : "Le changement climatique d'origine humaine et la guerre contre l'Ukraine ont les mêmes racines - les énergies fossiles - et notre dépendance à leur égard."
Briser cette dépendance ne saurait se faire en misant uniquement sur le déploiement d’un nouveau système énergétique fondé sur les énergies renouvelables et les sanctions envers la Russie devraient nous amener à faire de la sobriété, parent pauvre de la transition, une de nos premières priorités.