Nous n'avons que 3 ans pour éviter le pire des impacts liés au dérèglement climatique mais l’écrasante majorité des décideurs politiques, économiques et financiers élude le sujet. Aidés par l’échec des médias à leur rappeler leurs responsabilités en la matière, ils poursuivent ainsi leurs stratégies traditionnelles, business-as-usual. Les impacts sont dramatiques.
En France, l’écologie ne sera pas présente au second tour des élections présidentielles et il suffit de compter pour comprendre l’ampleur du désastre. Quelle que soit l'issue du scrutin, tout indique que le climat perdra 5 ans supplémentaires, 5 ans alors qu’il nous en reste 3.
Le dernier volet du 6ème rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) indique que nous aurons, au rythme actuel, consommé l'intégralité de notre budget carbone disponible pour limiter le réchauffement à 1,5°C avant 2030 et atteindrons d'ici 2100 les 2,8-3,2°C de réchauffement. C’est donc maintenant ou jamais.
L’action doit venir des politiques mais aussi de la finance dont les principaux représentants se sont engagés à aligner leurs activités sur les objectifs climatiques internationaux. Et la bonne nouvelle est que l’action coûtera beaucoup moins chère que l’inaction.
Le GIEC conforte les conclusions déjà avancées précédemment par les scientifiques ou par l’Agence Internationale de l'Énergie : s’il nous faut décarboner en profondeur notre économie et nous libérer de notre dépendance aux énergies fossiles, nous ne devons plus développer de nouvelles infrastructures qui n’auraient pas leur place dans le budget carbone, a fortiori les projets d’énergies fossiles.
Au contraire, nous devons multiplier par entre 3 et 6 les investissements dans la transformation de la production d'électricité, des transports et dans l'efficacité énergétique. L’autre bonne nouvelle est que les sommes colossales toujours investies dans les secteurs polluants dépassent très largement les investissements à faire dans les solutions.
Pourtant, le défi est immense tant les banques font aujourd’hui l’exact opposé de ce qu’il faudrait faire. BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et Natixis font de la France le 3ème pays après les Etats-Unis et la Chine à soutenir le plus les 100 entreprises qui développent de nouveaux projets d’énergies fossiles, avec 130 milliards de dollars de financements depuis que l'Accord de Paris ait été adopté. Parmi les entreprises figure TotalEnergies qui développe actuellement les projets EACOP et Tilenga en Afrique de l'Est.
Sans attendre, la finance doit se saisir de la saison des Assemblées générales pour prendre des engagements contre l’expansion des énergies fossiles et voter contre les faux plans climat des entreprises comme TotalEnergies ou ENGIE à travers les votes Say On Climate.